Faut-il supprimer les partis politiques ? - Suite

mardi 10 décembre 2013
par  Christian Berthier

Nous publions ci-dessous un article de Christian Berthier qui fait suite à l’article
http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article786
Ce nouveau texte appelle bien entendu les réactions.

***


Faut-il supprimer les partis politiques - Suite

Les constitutions de 1946 et 1958 cantonnent les partis politiques dans un rôle limité :

« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. »

Le pouvoir d’Etat appartient aux assemblées élues, ni aux partis, ni aux associations, lobbies et syndicats de tous types. La constitution de 1958 le reconnaît en mots, mais en fait, elle élève le pouvoir d’Etat au dessus des assemblées élues.

Conseil d’état, conseil constitutionnel, cour de cassation, élection du président de la république au suffrage universel, Institutions européennes : autant d’occasions et d’organes qui réduisent le rôle des assemblées élues et de chaque élu en particulier.

Enfin, semble se jouer actuellement l’acte final de l’éloignement des élus par rapport aux électeurs dont ils ont mandat par la généralisation des métropoles, des intercommunalités et collectivités à géométrie variable. Au terme d’un tel processus, la compétence générale de chaque citoyen pour tout ce qui le concerne serait étroitement encadrée par un réseau administratif sur lequel il n’aurait plus prise et auquel il devrait impôts et cotisations sociales.

Dans une telle évolution, le rôle de la libre association des citoyens ne peut que se réduire quant elle n’est pas réprimée. Il n’est pas surprenant que ceux qui veulent « faire bouger les choses » et/ou chercher une reconnaissance de leurs capacités se tournent plutôt vers l’Etat ou les grands acteurs privés.

Partis, syndicats, associations sont victimes et non acteurs de leurs replis démographiques et/ou bureaucratiques. Que certains en aient fait de nécessité vertu relève de la concurrence libre et non faussée et non de la fatalité. A preuve les catastrophes sociales et politiques, guerres militaires ou civiles qui concluent toujours la dégénérescence des nations de toutes tailles.

Comme il est normal que paraissent périodiquement des théorisations de l’intégration des populations à leur Etat. « total », « corporatiste », « nouveau », etc. Une telle « normalité » intégrée est sans issue.
L’espèce humaine est une espèce comme les autres : elle doit continuer à s’adapter sans cesse pour survivre. Aujourd’hui à 7 milliards. Changements, progrès, confrontations entre individus, processus sont conditions de sa survie. C’est particulièrement vrai dans les domaines scientifiques et techniques pour surmonter les défis posés par le climat et les catastrophes naturelles et biologiques. La compétition est indispensable, mais elle doit restée sous le contrôle de l’espèce, des peuples, des organisations que chacun se donne. Faute de quoi, cette compétition débouche sur la guerre qui, avec les moyens techniques actuels entraîne de profonds reculs de civilisation.

Au niveau de chaque « nation », l’histoire a dégagé l’obligation de constituer chaque peuple « en corps » pour qu’il organise lui-même son vivre ensemble, son optimum économique et social.

Toutes les nations se sont cristallisées a partir de noyau sociaux, en France, les « paroisses », « communes », villages, tribus, etc animées de collectifs plus ou moins élus. Partout, les « états » ont du composer avec le phénomène communal et les cadres politiques qui en furent issus. Partout, les « élites » sélectionnées au sein de ces états ont du soit céder la place soit se plier au suffrage universel.

C’est parce que les « partis », représentés par leurs « cadres » se sont éloignés de la réalité sociale de leur peuple et qu’ils en ont perverti les mandats et se sont intégrés dans l’appareil de l’état qu’ils se sont ossifiés en « appareils ». L’Espèce ne reconnaît plus ceux qui l’oublient.
Actuellement, en France, l’exécutif tente de s’élever au dessus du peuple et même au dessus des élus de tous niveaux pour atteindre des objectifs financiers et sociaux fixés ailleurs.

En s’obstinant, l’exécutif affronte violemment le peuple, ses élus petits et moins petits.

Ces derniers ont commencé à refuser leur propre extermination programmée. Mais le temps presse. Il faut revenir au peuple, a ses assemblées petites ou grandes, pour éviter une catastrophe sociale. C’est l’essentiel du problème posé aux électeurs dans la campagne des élections municipales. Une dernière chance pour les partis de construire ou reconstruire leur légitimité à tout faire pour exécuter les mandats reçus des électeurs.


Commentaires

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samedi 21 décembre 2013 à 20h35 - par  init6a

Vous continuez à raisonner comme au XVIIIe siècle, comme si on n’avait pas inventé la radio, le téléphone et internet, comme s’il y avait encore besoin de représentation, de partis, d’assemblées.

A Athènes il n’y en avait pas parce que l’ensemble des citoyens libres tenait sur l’Agora.
Au temps de la Révolution il y en a eu besoin parce que la France comptait environ 20 millions de personnes, dont le seul moyen de communication était la parole de vive voix et l’écrit papier (pour ceux qui savaient lire).

Maintenant il est techniquement possible de se passer non seulement de partis politiques, mais aussi d’assemblées.
La seule nécessité physique d’une proximité physique des personnes, c’est pour faire des enfants**, et les élever. Pour tout le reste, réfléchissez, on peut s’en passer.

C’est pourquoi l’objet même de l’association pour une constituante est dépassé.

Si sympathiques soient ses membres.

** Oh pardon, rectificatif : j’allais oublier ces dames qui poussent le racisme et l’horreur du sexe opposé jusqu’à s’inséminer elles-mêmes avec des gamètes achetés surgelés sur internet.

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dimanche 15 décembre 2013 à 20h25 - par  Tchen

Le défaut principal de cette proposition,

comme toutes les propositions visant à changer les règles actuelles,

est justement qu’elle repousse tout changement aux calendes grecques.

Ce qui n’est pas le cas des listes "citoyennes", qui peuvent être initiées dès 2014.

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dimanche 15 décembre 2013 à 16h58 - par  François Paumier

Un peu en décalage par rapport au sujet mais pas sur la démocratie. Voici le petit article publié il ya quelques mois. La proportionnelle intégrale est le système le plus démocratique même s’il est insuffisant. Il ne remet pas en cause les partis mais permet d’avancer vers une constituante sans repousser le démocratie aux calendes grecques ....

Cantonales 2015 : "Nouvelle loi sur l’élection des conseillers départementaux et communautaires" :

C’est une usine à gaz supplémentaire qui va encore renforcer le bi-partisme : 13 cantons probables en Ariège et, dans le meilleur des cas, un canton pour l’UMP (ça dépendra des regroupements des cantons existants …). Unique aspect positif : la parité. Mais peut-on penser que la parité est suffisante pour redonner du dynamisme à la démocratie ? Ce système imaginé par des « spécialistes », coupés de la réalité, va encore augmenter l’abstention et mettre à l’écart les citoyens.
Il existe une solution beaucoup plus simple, compréhensible par tous et démocratique : la proportionnelle intégrale ! Le prétexte d’ingouvernabilité et des risques de Front national n’est qu’une hypocrisie de plus pour garder le statu quo … D’autres pays en Europe la pratiquent plutôt avec succès !
Rappel : la France est classée dans les « démocraties imparfaites » au 29eme rang mondial, entre l’Afrique du Sud et la Slovénie ...
Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie

François Paumier

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vendredi 13 décembre 2013 à 13h55 - par  TCHEN

Je me permets de remettre le commentaire que j’avais mis au premier article.

En m’étonnant qu’il suscite si peu de réaction !

Faut-il en conclure qu’il n’y a de "Politique" qu’à travers les partis politiques ???
Si vous estimez que oui, je serais curieux de connaître vos arguments.


lundi 2 décembre 2013 à 09h55 - par Tchen
La question à poser, selon moi, n’est pas : "faut-il supprimer les partis politiques ? ", mais : "comment faire pour que la politique ne soit pas le champ clos de professionnels de la politique ? ".

Et sur ce point, nous aurons l’occasion de tester dans quelques mois la première possibilité qui se présente à nous : DÉPOSER DES LISTES NE DÉPENDANT PAS DE PARTIS POLITIQUES CONSTITUÉS.

Voulez-vous participer à cette aventure ?

Contactez moi sur le blog : http://uneplacepourtous.midiblogs.com/

et je mettrai en relation les personnes appartenant aux mêmes communes.

Pourquoi la suppression des partis politiques n’est-elle ni importante, ni suffisante pour changer "la politique" , c’est à dire « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ? Parce que nous sommes une espèce animale sociale, et que les animaux sociaux que nous sommes auront toujours tendance à se regrouper par affinité ... donc à créer des partis.

Par contre, faire en sorte que la politique ne soit pas un gagne pain, une profession réservée aux plus extravertis et aux plus avides de pouvoir, donc aux moins altruistes, ne pourrait qu’avoir un effet bénéfique pour tous. Et pour cela il faut commencer par prendre conscience que les partis politiques ne sont nullement indispensables pour gérer notre société.

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vendredi 13 décembre 2013 à 08h40 - par  Lalita

LA REFORME DEVRAIT COMMENCER PAR LES NANTIS DES HAUTES SPHERES POLITIQUES - AINSI QUE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE QUI NE DEVRAIT PLUS RECEVOIR DE SALAIRE UNE FOIS SON MANDAT TERMINE NI LES PRIVILEGES EN NATURE DONT IL CONTINU A EN BENEFICIER A VIE - LE CUMUL DES POSTES DEVRAIT ETRE INTERDIT VOIR MEME PENALISE MEME CHEZ LES CADRES - IL Y A DU TRAVAIL POUR TOUT LE MONDE - ON DOIT REVENIR A UNE VERITABLE JUSTICE SOCIALE.

TOUT CELA MONTRE BIEN QUE NOUS SOMMES DANS UNE VERITABLE CRISE MORALE ENTRETENUE PAR NOS DIRIGEANTS A DIFFERENTS NIVEAUX.

Logo de Yfig
jeudi 12 décembre 2013 à 18h00 - par  Yfig

On finit par comprendre ce que le chroniqueur veut dire .... mais .... boudiou que c’est emberlificoté.

Des phrases simples et directes suffiraient amplement au développement du sujet qui tient presque tout entier dans la dernière sentence.

Je dirais : il faut supprimer les appareils, i.e. les permanents qui jouent un rôle dégueulasse dans la démocratie. Même à la SPA les permanents presque précaires (nommés par jugement en 2009) détournent l’asso de son but originel pour s’en foutre plein les fouilles.

Logo de Suzy Marti
jeudi 12 décembre 2013 à 13h19 - par  Suzy Marti

Le texte de Claude Grellard au titre volontairement provocateur, sous entend que faute de pouvoir, ou de vouloir se gouverner lui-même, le peuple « souverain » se résigne à confier ce travail à des « professionnels »

Vu les phases successives : la déviation de notre 5ème République pilotée par des privilégiés de la chose publique ; vu la classe politique coupée des citoyens et des électeurs... vu l’élu qui fixe son intérêt, néglige et leurre le citoyen, vu le taux d’abstention sans précédent dans l’histoire de la Ve République…….vu le désarroi d’une population et l’ambiance exécrable ; on peut dire que l’offre politique et le modèle tel qu’il est aujourd’hui ne répond pas à notre sensibilité politique et morale. Force est de constater que le noyau dur du jeu de la distribution du pouvoir, de l’emploi des partis politiques, de l’usage de l’élite ancré durablement dans son rôle d’élus, altère gravement notre confiance et l’idée de notre démocratie.

La captation de la République, la privatisation l’Etat, la déroute des droits fondamentaux, l’accroissement des pouvoirs pour l’élite et pour les professionnels de la chose publique, dévoile l’écoulement d’un modèle chaotique qui écrase tout sur son passage, l’état de droit, le droit de propriété, les droits fondamentaux…..

Cette conversion révèle que la 5ème République se retrouve en lieux et place de la 4ème République avec tous les maux dont elle souffrait. ; En délibérant de cette anomalie et en approfondissant la courbure extraordinaire de cette particularité, certains tanceront le phénomène du régime majoritaire qui dans sa volonté de lier le sort de l’Assemblée nationale à celui du Président ; d’autres critiqueront les trois branches du pouvoir - Exécutif, Législatif, et le Judiciaire concentré entre les mains du même parti, et de dire que du pluralisme des partis émerge deux partis dominants avec leurs satellites respectifs etc…
C’est la fin d’un modèle … d’une époque….

Faut-il supprimer les partis politiques ? Ce qu’a tenté l’auteur, dans son titre : je cite l’auteur « ils sont assez grands pour le faire eux-mêmes et perdre tout crédit aux yeux des électeurs »

Sans aller jusque-là et dans ce contexte inédit, notre responsabilité nous assigne : de changer de système, de mettre en place (avec notre soutien), la nouvelle Constituante. Nous sommes compétent et mûr pour aller loin : prévenir les abus de pouvoir ; restaurer un équilibre ; réhabiliter et renforcer la représentation du Citoyen, relever les droits fondamentaux, dégager une confiance dans l’intérêt de tous.

Merci pour la pertinence de l’auteur.

Logo de Bachaud
mercredi 11 décembre 2013 à 22h02 - par  Bachaud

Il ne faut bien sûr PAS supprimer les partis. !

Ceux-ci sont là pour présenter des programmes de politique générale pour le pays et des candidats pour les législatives pour lé voter !.

Le parti ou la coalition de parti qui gagne les élections à son chef nommé Premier ministre par le Président de la République.

Le président de la Réplique est élu au SU Direct AVANT les députés. (89% des Français y sont favorables) Les Français donnent évidemment la majorité aux partis qui soutiennent le programme du Président qui désigne le Premier ministre.

Ce qui ne va pas du tout C’est que l’on ne peut pas CHOISIR notre député dans le parti de notre choix puisque nous ne disposons pas en France du VOTE PRÉFÉRENTIEL qui existe pourtant dans 18 pays européen sur 28.

Ce qui ne va pas non plus c’est que les 60 propositions du Président ont obtenu le soutien de 22,31% des inscrits au premier tour et ce n’est pas parce 17% de plus ont voulu éliminer N.SARKOZY au second tour que les citoyens ne doivent pas disposer du référendum d’initiative citoyenne pour pouvoir IMPOSER une vote sur telle ou telle des 60 propositions avec lesquelles 78% des Français n’étaient pas d’accord.!

La souveraineté nationale c à d le Pouvoir avec un grand P appartient au PEUPLE MAIS il doit disposer du RIC pour pouvoir l’exercer , SINON on n’est pas en démocratie. Le peuple ne doit pas être réduit au silence pendant 5 ANS comme c’est la cas aujourd’hui. ..

Pour les législatives les démocrates ne voteront que pour des listes qui se seront engagées sur le RIC communal ET qui auront donné une GARANTIE que la promesse sera tenue..

La signature des 10 premiers de la liste et un chèque de 10.000 euros a la fondation de France mis a l’encaissement en cas de non respect de l’engagement semble le minimum.

Le temps des chèque en blanc doit être révolu.

Logo de ren sam
mardi 10 décembre 2013 à 18h05 - par  ren sam

n’ayant pas lu le 1er article, je ne pourrai qu’être partiellement d’accord,

pour la suppression des partis : corps en partie parasitaire (faible nombre d’adhérents, financement en partie publique)....tendance naturelle à constituer en leur sein des apparatchiks in fine coupés de leur base, et occupés à leur survie économique par le biais des combines de couloirs....ils dépouillent les électeurs de la possibilité d’une vie civique apartidaire garnie, de leur représentation à l’assemblée......et comme le note Rosanvallon, tendance au sein des partis à homogénéiser les points de vue et, plus dangereux, à tenter d’écraser (mollement) les pensées dissidentes (en leur sein)

contre la suppression des partis politiques : l’écosocialisme du Front de Gauche aurait-il émergé sans parti ? (ok, a-t-il émergé ?)

un sujet un peu lié, ceux qui comme moi, voudraient une pratique politique dépersonnalisée....je note cependant que les mouvements collectifs semblent avoir besoin d’homme-cristal pour incarner leurs revendications

réaction un peu hors sujet, mais sujet intéressant, et ces 2 paradoxes dans ma ’pensée’ me laissent perplexes
bravo pour votre article en tout cas

À signer ! Présidentielle NON - Constituante OUI

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Remplaçons en 2017 l’élection présidentielle par l’élection d’une assemblée constituante !


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Estimez-vous que les élus sont aujourd’hui réellement représentatifs des citoyens ?

Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?

Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ?

Si vous trouvez notre vie publique fossilisée,
- si vous voulez des élections générales,
- si vous pensez que la souveraineté du peuple est bafouée,
- si vous pensez que vous n’êtes pas représentés,
- si vous pensez que la loi "territoires" du gouvernement Fillon-Sarkozy détruit la démocratie locale
- si vous ressentez le traité de Lisbonne comme une insulte et un coup d’État contre le vote NON au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005

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