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dimanche 28 février 2016
par  Association pour une Constituante

La présidentielle n’est pas la solution, elle est le problème !

Une de plus !
Depuis 1965, date de la première élection présidentielle, on ne compte plus les candidats qui ont déclarés vouloir redonner le pouvoir au peuple, se situant peu ou prou dans la filiation du fameux « coup d’Etat permanent » de François Mitterrand, puis de son slogan de campagne : « (...)

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mercredi 2 mars 2016 à 22h04 - par  Eric Barcos

Je ne partage absolument pas votre opinion. Au contraire, une élection aussi importante, et les autres aussi d’ailleurs, doivent impérativement de faire par le moyen du suffrage universel direct. Car il est bon de savoir qui se présente, à qui l’on a affaire.
Vous redoutez avoir à faire confiance à un homme. Soit. Mais moi je redoute avoir à faire confiance en un groupe qui élit un président en huis-clos, selon ses propres critères.
Je redoute avoir affaire à des gens tirés au sort, ne connaissant rien aux affaires, n’ayant nourri aucune réflexion politique sérieuse, c’est-à-dire allant dans le sens de l’intérêt général, et ayant en mains un pouvoir dont nul ne saurait prévoir les conséquences.
Votre raisonnement équivaut presque à faire confiance à une " commission " qui élirait un président selon vos voeux à vous. Rien ne garantit que ces " voeux " iraient dans le sens de ce que souhaite le peuple. L’élection présidentielle au suffrage universel direct constitue au contraire une des grandes libertés des français.
Je dirais que c’est vous qui ne faites pas confiance au peuple.
Vous vous en défiez, en parlant de démocratie directe, mais il ne s’agit point de référendum, mais de tirage au sort ! Wouaouh ! Confier les rennes d’un pays au... sort ! Vous faites fort.
Alors, pour vous, un peuple qui élit un président à une écrasante majorité, est aveugle, manque d’éducation ? C’est vous qui prétendrez lui en donner une peut-être. Avec tous les commentateurs qui vous soutiennent, sans nul doute.
Pourtant, cette chose se produisit deux fois en France. En 1848 avec Louis-Napoléon Bonaparte et en 1965 avec Charles de Gaulle.
Qui a donné naissance à l’assistance médicale gratuite pour les pauvres ? Louis-Napoléon Bonaparte en 1849. Le même crée l’assistance judiciaire gratuite pour les pauvres le 22 janvier 1851. Le même supprime le travail les dimanches et jours de fête le 29 décembre de la même année. Et ce sont des républicains qui rétablissent le travail dominical en 1880 par anticléricalisme. Ce ne sera qu’en 1906 que les dimanches redeviendront jours chômés. Le 15 avril 1852, un décret de Persigny crée de fait des inspecteurs du travail (un par département) qui sillonnent la France. Le 18 décembre 1852, création du recours gracieux. Le 8 juin 1853, création de la retraite pour les fonctionnaires de l’Etat. En 1864, loi créant la possibilité pour les travailleurs de débattre leur salaire avec leur patron. Le 25 mai de la même année, droit de coalition, début du droit de grève. En 1868, mise à l’étude d’un système d’assurances sociales (abandonné en 1870). Le 11 juillet 1868, loi instituant les premières caisses d’assurances pour tous les ouvriers des villes et des campagnes en cas d’accident. Le 2 août de la même année, loi instituant l’égalité de témoignage entre travailleur et patron en cas de litige portant sur les salaires. En septembre 1870, le projet d’un régime général de retraite obligatoire pour tous les salariés est retrouvé aux Tuileries. Ne sera appliqué qu’en 1910.
Certes, il y eut le coup d’Etat. Mais face à Louis-Napoléon, Thiers et un groupe de royalistes et aussi de républicains en préparaient un aussi de leur côté. Si Napoléon eut eu le dessous, défendriez-vous le créateur du recours gracieux, de l’aide juridictionnelle gratuite ? On se le demande. Certes, l’Alsace-Moselle fut livrée à l’ennemi de l’époque. Mais qui la lui livra ? Les remplaçants auto-proclamés de Napoléon III. Les Thiers, Gambetta & Co. Car, s’ils avaient accepté les premières propositions allemandes se limitant à dé-fortifier Strasbourg, on n’en serait pas venu là. Certes, il y eut la guerre en 1870. Mais l’empereur y était défavorable et trop peu de républicains sincères l’appuyèrent. Alors ?
De Gaulle, quant à lui, proposa la Sécurité sociale, le droit de vote des femmes dès 1945. Il proposa une République qui échappât aux influences des partis en 1958 et 1965. Son projet dépassait largement le cadre de la guerre d’Algérie. La participation, ayant pour objet de dépasser les querelles travail-capital en donnant des moyens aux travailleurs de dire leur mot dans leur entreprise relevait d’un noble dessein ; lui, faisait confiance au peuple. Il lui faisait tellement confiance qu’il tint sa parole et partit dès que le référendum qu’il avait organisé n’avait pas eu les effets escomptés.
Qui, depuis, a tenu sa parole ainsi ? Qui ? Et c’est cela qui vous fait désespérer des institutions de la V ème. Oui, je sens que c’est cela en grande partie. Si, aujourd’hui, le chef d’Etat payait ses notes d’hôtel lui-même, sur son compte, sans user de l’argent public, vous seriez moins sûrs de vous.
Vous vous appuyez sur les faiblesses de ceux qui nous gouvernent. Mais qui dit qu’un système qui aurait vos faveurs serait servi selon vos voeux ?
Il faut des hommes, qui assument leurs actes. Voilà de quoi notre République a besoin. Vous aussi, si vous aviez un jour à le faire, devriez assumer vos actes devant le peuple qui vous aurait élu.

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