Constituante au Venezuela

jeudi 3 août 2017
par  André Bellon, Tribune libre

Une assemblée constituante a été élue le 30 juillet dernier au Venezuela. Cette élection, voulue par le président Nicolas Maduro, est vivement contestée par l’opposition.

La participation officielle (41% des électeurs) est mise en doute par la Procureure du pays, favorable à l’opposition.

En deux décennies, le Venezuela est devenu un symbole politique pour l’Amérique latine mais aussi pour la gauche dans le monde. La volonté des gouvernements d’Hugo Chavez, puis de Maduro, de s’affranchir de la tutelle des Etats-Unis, de même que la tentative d’utiliser les revenus du pétrole pour réaliser des investissements sociaux, ont contribué à faire de ce petit pays un enjeu qui va bien au-delà de ses propres frontières.

Depuis la mort de Chavez en 2013, la crise interne ne fait que s’amplifier et les manifestations se succèdent dans un contexte de plus en plus violent marqué par la répression et la mort d’opposants comme de militants chavistes. Ces événements interviennent dans une situation sociale dégradée, en particulier du fait de la forte baisse du prix du pétrole. Le Venezuela semble menacé par la guerre civile.

L’échec des chavistes aux dernières législatives, plaçant l’Assemblée nationale dans l’opposition au président Maduro, mériterait des analyses approfondies qui dépassent le cadre de cette chronique. Cet échec indique en tout cas une crise profonde de légitimité, tant du pouvoir que du système politique vénézuélien, l’élection de trois députés de l’opposition originaires d’Amazonie ayant été annulée par le pouvoir judiciaire. Le chef de l’Etat a voulu sortir du conflit par l’élection d’une Constituante.

Cette idée peut sembler logique dans le cadre d’une crise de régime aigue, d’autant plus que le pays a déjà connue des processus semblables du temps de Chavez qui en faisait un symbole de sa légitimité et de la souveraineté du peuple vénézuélien.
On peut discuter longuement des modalités qui ont présidé à la désignation de l’Assemblée constituante. Des procédures juridiques sont d’ailleurs actuellement lancées. On peut noter que ces questions ne se poseraient pas si la naissance du processus constituant n’était pas lui-même sujet à questionnements. En effet, est-il acceptable que, face à une recherche de légitimité, devant la nécessité de reconstruire les bases de la démocratie, ce soit une des forces en présence, ce soit le pouvoir présidentiel qui décide lui-même de conduire à l’avènement de la Constituante ?

Une élection constituante ne peut être imposée, surtout par un pouvoir affaibli par des scrutins internes. Elle doit correspondre à une évidence sociale, émaner d’une aspiration populaire puissante, venir du bas et non pas du haut. Faute de quoi, elle risque d’être perçue comme une manœuvre politique et non pas comme le ferment de la démocratie.


Commentaires

Logo de Denys RENAUD
lundi 28 août 2017 à 16h08 - par  Denys RENAUD

Après le coup d’état (finalement manqué) de 2002, (il avait été immédiatement justifié et applaudi par Libération, El Pais etc..), la guerre économique et financière, le sabotage monétaire, le sabotage sur les produits de consommation courante, (comme pour le Chili de Allende), la guerre médiatique ( la quasi totalité des médias au Venezuela sont de la propagande anti-gouvernementale allant jusque l’appel au meurtre envers le chef de l’état), les violences "fascistes" des guarimbas : décapitations des cyclomotoristes en plaçant des fils de fer en travers des routes, plusieurs dizaines de "chavistes" ou supposés brûlés vifs, la première des choses serait de dénoncer le silence complice voire coupable de la "gauche" française, quant à la presse elle va jusqu’à considèrer comme prisonniers politiques des criminels arrêtés et jugés pour leurs crimes. La seconde des choses serait de révéler les ingérences états-uniennes, ceux-ci ne supportant pas qu’un pays de leur "arrière-cour" (terme méprisant désignant l’Amérique au sud du Rio Grande, soit souverain et ne leur obéisse pas au doigt et à l’oeil. La troisième des choses serait de faire preuve d’un peu de modestie vis à vis, à la fois de ce peuple majoritairement courageux qui prend des risques pour être libre et souverain et aussi de son président constitutionnel et légitime Nicolas Maduro Moro qui assume entièrement ses responsabilités et ses éventuelles erreurs et applique la constitution pour éviter la guerre civile et dénouer la crise dans l’intérêt du pays. Nous qui sommes installés mollement dans des conditions plutôt confortables pour réfléchir à une assemblée constituante que nous appelons de nos voeux.

Site web : ancière
Logo de Para el futuro
mercredi 9 août 2017 à 09h05 - par  Para el futuro

Combien de députés siégeront à l’Assemblée à l’issue du vote dimanche ?

545 membres de l’Assemblée constituante siégeront à partir du 2 août, prenant la place des députés élus lors des législatives de décembre 2015.

L’opposition avait recueilli une large majorité, avec 7,7 millions de voix, contre 5,7 millions pour le parti chaviste de M. Maduro. La durée du mandat des membres de cette Constituante n’est pas définie.

Seuls 6120 des quelque 50 000 candidatures ont été validées. La raison ? Le mode de désignation, fixé par le chef de l’Etat et approuvé par le pouvoir électoral, interdit les candidats provenant de partis.

Pourtant, de hauts responsables du pouvoir en place, membres du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) de Nicolas Maduro, y figurent, tels le député Diosdado Cabello, ou Adan Chavez, frère de l’ex-président Hugo Chavez. La quasi-totalité des candidats sont des inconditionnels du pouvoir.

Comment les membres de cette Assemblée seront-ils élus ?

364 élus représenteront les circonscriptions municipales : chaque municipalité élit un constituant, sauf les capitales des Etats qui en auront deux, indépendamment de leur population. Le nombre d’élus par municipalité favorise les petites localités, au détriment des villes, où les mécontents s’expriment davantage.

173 seront désignés par des groupes sociaux (travailleurs, retraités, étudiants, paysans, handicapés, chefs d’entreprise…) et 8 par les communautés indigènes.

Un même électeur a ainsi le droit de voter deux fois, sur son lieu de résidence et auprès de la corporation à laquelle il est rattaché (une fois en tant qu’habitant d’une municipalité et l’autre en tant que membre d’une des catégories sociales). L’opposition crie au scandale.

Les machines électroniques ne prévoient pas le vote blanc.

Site web : media pro-usa
Logo de Legay
samedi 5 août 2017 à 14h49 - par  Legay

D’accord avec vous, mais pour aller plus loin, il ne faut pas oublier que 10% du pétrole utilisé par les USA vient de ce pays !
Cela ne vous rappelle pas quelques autres guerres fomentées par les USA et l’atlantisme depuis belle lurette avec les environs 750 bases américaines installées dans le monde et tous leurs services secrets depuis 1945 ?

Logo de alain harrison
vendredi 4 août 2017 à 01h55 - par  alain harrison

Bonjour.

jeudi 3 août 2017 à 20h21 - par TERNOT
En espérant que les événements de réorganisation statutaire de la République Bolivarienne du Vénézuéla ne remettront pas en question l’application de l’Accord de Paris au 20 août ? [selon la notification de réception par le SG de l’ONU extraits ci-dessous]

Tien un nouvel argument pour attaquer la Révolution Bolivarienne.
Les pays du pétrole devront continuer à vendre du pétrole jusqu’au moment où leur économie diversifiée
sera viable (c’est ce qui reste à déterminer : « viable »)

Le canada et les US ont déjà une économie diversifiée viable, c’est à eux de ne pas la mettre à terre.
Les délocalisations tout azimut. OK, pour le temps de décoller des économies de pays pauvre et les mettre sur la traque des pays en voie de développement (économie diversifiée viable).

C’est quoi le problème, la maladie de l’Empire-Vérité de tous les temps.

Logo de alain harrison
vendredi 4 août 2017 à 01h43 - par  alain harrison

Chavez lors de la Constituante avait obtenu, 1998

(Photos :) Médias du monde libre contre droit au suffrage des vénézuéliens
1 août 2017

Le nombre de votants (plus de 8 millions sur 19 millions d’électeurs potentiels soit environ 42% du corps électoral) est un succès, pas seulement à cause du fait que près de 200 urnes avaient détruites par des commandos d’extrême droite, que plusieurs bureaux de vote avaient été fermés suite aux violences, menaces, attentats ou barrages routiers de l’opposition mais aussi parce que ce chiffre dépasse de 583 mille 982 votes le score de Maduro aux élections présidentielles de 2013. Il dépasse aussi le chiffre du précédent référendum constitutionnel, celui de 1998, qui avait attiré 37,5% d’électeurs dans un contexte totalement pacifique, sans opposition armée de la droite. Pour plus de détails on peut consulter la source officielle : le Centre National Électoral (CNE, http://www.cne.gob.ve )
https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/08/01/photos-medias-contre-droit-au-suffrage-des-venezueliens/#comments

42% du corps électoral est plutôt d’accord. NON. Maduro, lui consulte.
Depuis 4 mois un déferlement de violences qui frisent le terrorisme ??? NON
Ouf ! Maduro un dictateur, un chef des narco-trafiques d’après une gentille dame_pétition_Québec.

Macron, 56% d’abstention, et il continue les politiques de l’UE sans consultation, aucune consultation. NON
En France, des actes terroristes sporadiques.et c’est l’état de quoi.......l’état d’... permanent, et peut-être constitutionalisé, une rumeur. NON .

31 juillet 2017
On saura que le Venezuela est devenu une dictature le jour où les médias arrêteront d’en parler.
https://www.legrandsoir.info/on-saura-que-le-venezuela-est-devenu-une-dictature-le-jour-ou-les-medias-arreteront-d-en-parler.html

Avis aux détracteurs et cherchez l’erreur.

Logo de TERNOT
jeudi 3 août 2017 à 20h21 - par  TERNOT

En espérant que les événements de réorganisation statutaire de la République Bolivarienne du Vénézuéla ne remettront pas en question l’application de l’Accord de Paris au 20 août ? [selon la notification de réception par le SG de l’ONU extraits ci-dessous]

Référence : C.N.410.2017.TREATIES-XXVII.7.d (Notification dépositaire)
ACCORD DE PARIS
PARIS, 12 DÉCEMBRE 2015
V ENEZUELA (R ÉPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU ) : R ATIFICATION
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, agissant en sa qualité de dépositaire,
communique :
L’action susmentionnée a été effectuée le 21 juillet 2017.
L’ Accord entrera en vigueur pour le Venezuela (République bolivarienne du) le 20 août 2017
conformément au paragraphe 3 de son article 21 qui stipule :
« À l’égard de chaque État ou organisation régionale d’intégration économique qui ratifie,
accepte ou approuve l’Accord ou y adhère une fois que les conditions requises pour l’entrée en vigueur
énoncées au paragraphe 1 du présent article ont été remplies, le présent Accord entre en vigueur le
trentième jour qui suit la date du dépôt par cet État ou cette organisation de son instrument de
ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion. »
Le 21 juillet 2017
À l’attention des Services des traités des Ministères des affaires étrangères et des organisations
internationales concernés. Les notifications dépositaires sont publiées uniquement en format
électronique. Elles sont mises à la disposition des missions permanentes auprès des Nations Unies sur le
site Internet de la Collection des traités des Nations Unies à l’adresse « http://treaties.un.org », sous la
rubrique "Notifications dépositaires (CNs)". En outre, les missions permanentes et toute autre personne
intéressée peuvent s’inscrire aux "Services automatisés d’abonnement" pour recevoir les notifications
dépositaires par courrier électronique, qui sont également disponibles à l’adresse « 
https://treaties.un.org/Pages/Login.aspx?lang=_fr ».

Logo de yann
jeudi 3 août 2017 à 19h36 - par  yann

mais la constitution venezuelienne existante spécifie qu’une constituante peut être convoquée soit sur demande de l’assemblée nationale, ce qu’elle a refusé de faire, soit sur demande du président de la République, ce qu’il a fait. Pour sortir de la crise, aurait-il mieux fallu selon vous la solution prônée par l’opposition pro-occidentale, la démission avant terme du président légalement élu, la guerre civile ou le coup d’Etat ?

Constituante en 1 min 58


Dans les médias

*****
>>Voir l’intégralité

Estimez-vous que les élus sont aujourd’hui réellement représentatifs des citoyens ?

Trouvez-vous admissible qu’une seule personne, le Président de la République, exerce en fait tous les pouvoirs sans être concrètement responsable de ses actes devant le peuple ?

Trouvez-vous que les institutions permettent le respect de la souveraineté populaire ?

Si vous trouvez notre vie publique fossilisée,
- si vous voulez des élections générales,
- si vous pensez que la souveraineté du peuple est bafouée,
- si vous pensez que vous n’êtes pas représentés,
- si vous pensez que la loi "territoires" du gouvernement Fillon-Sarkozy détruit la démocratie locale
- si vous ressentez le traité de Lisbonne comme une insulte et un coup d’État contre le vote NON au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005

>>AGISSEZ


Exigez l’élection d’une Assemblée Constituante au suffrage universel pour changer le jeu politique


Inscrivez-vous au colloque sur la souveraineté

Le samedi 9 décembre de 14 à 17H

Salle Dussane
Ecole Normale Supérieure
45 rue d’Ulm 75005 Paris

Intervenants : Hubert Védrine, ancien ministre ; André Bellon président de l’Association pour une Constituante ; Yvan Lubraneski, maire des Molières ; Anne-Cécile Robert, professeur associé à Paris VIII ; Anne- Marie Le Pourhiet, vice présidente de l’association française de droit constitutionnel ; Natacha Polony, présidente du Comité Orwell.

Les débats, animés par Jean-Michel Quatrepoint, seront filmés et diffusés sur Polony.TV.

Le nombre de places étant limité merci de vous inscrire avant le 1er décembre sur

pouruneconstituante@yahoo.fr


Joindre-Découvrir nos cercles locaux

JPEG - 8.7 ko

L’histoire des Constituantes

JPEG - 11.3 ko
HISTOIRE des Constituantes 1789-1792-1848-1946

PNG - 2.8 ko