Une soirée mortuaire

Une soirée mortuaire

Lundi 25 avril 2022, par André Bellon

Soirée étonnante que celle du 24 avril.

Tant Emmanuel Macron que Marine Le Pen ont évoqué leur victoire. En fait, c’était une défaite de la démocratie.

Où était, en fait, la volonté du peuple, coincé entre la refus du pire et l’acceptation du mal ? Qu’était-ce que ce frêle soupir qu’on baptisait victoire ? Doit-on s’extasier à chaque fois qu’arrive le moindre mal ? N’a-t-on vraiment pas d’autre possibilité ?

Bien sûr, c’est reparti pour ce qu’on appelle un « troisième tour », air déjà entendu il y a cinq ans. Plusieurs personnalités, de couleurs différentes, revendiquent déjà le rôle de leaders de l’opposition, les doigts agités sur la calculette des tactiques électorales. Il n’en reste pas moins qu’ils ont tous concouru à cette pantomime pitoyable dont ils tentent déjà de faire oublier l’ineffaçable conséquence : un Président a été élu avec tous les pouvoirs que cela implique. Celui-ci n’a -t-il pas annoncé que son élection était un référendum pour l’Europe ? Une paille ! Le second tour à peine achevé, le ministre de l’économie Bruno Lemaire n’écarte pas, quant à lui, le recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites…

Des élections législatives à venir peuvent-elles bouleverser la logique des institutions et renverser la hiérarchie cruelle des scores obtenus aux scrutins précédents ? Et que répond-on à tous ceux qui souffrent et ne savent plus que faire ? Et que dit-on à tous ceux qui ne veulent plus de ce jeu qu’on baptise encore démocratie ? Faut-il toujours se soumettre au jeu mortifère d’une Ve République décadente ?

Personne n’a gagné car la démocratie a perdu.

1 Message

  • Une soirée mortuaire

    Le 4 mai à 22:28 par Denys RENAUD

    Après cette soirée mortuaire,
    Au-delà d’une nouvelle défaite de la démocratie, ce qui s’est déjà produit à intervalles réguliers au cours de notre histoire récente (témoin : le référendum de 2005 bafoué par le Traité de Lisbonne), nous assistons là, avec ce 24 avril 2022 à un phénomène nouveau encore plus inquiétant, à savoir une date symbole pouvant marquer notre histoire comme actant la fin du "politique" en France, dans ce pays pourtant autrefois considéré comme l’un des Etats les plus politiques du monde et qui, d’ailleurs, vit naître la notion même de droite et de gauche. Or on observe que les grands courants qui structuraient notre vie politique, déjà malmenés en 2017, se retrouvent en totale charpie aujourd’hui. Les repères gauche/droite ne sont désormais plus du tout pertinents. La division qui d’ailleurs apparaît en fait plutôt comme une véritable fracture, se manifeste à présent de façon manifeste et beaucoup plus lisible entre d’un côté, ceux qu’on pourrait appeler les "globalistes", partisans ou résignés qui acceptent (volens, nolens) de s’acheminer vers une gouvernance mondiale laquelle entraînera la disparition programmée des états-nations et donc de la citoyenneté telle que nous l’avons connue et de l’autre côté, les "résistants" partisans ou déterminés à sauvegarder et renforcer la souveraineté populaire dans le cadre jugé indispensable des états-nations. La soumission de la classe politique à l’idéologie néo-libérale en est certainement l’une des causes mais sans doute pas la seule. Cela dit il apparaît bien qu’après la privatisation des services publiques, du fonctionnement privatisé des principales institutions, jusqu’à tout dernièrement la disparition du corps diplomatique, c’est l’ensemble du pouvoir politique et institutionnel qui est désormais privatisé et donc confisqué au peuple ci-devant souverain. Peut-être n’est-il pas encore trop tard pour qu’une conscience collective se mette en marche afin de redonner à notre pays le goût de retisser du lien social et politique et de reprendre possession de ce qui nous a été confisqué pour assumer nous même notre propre destin.

    Denys RENAUD de Nantes

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