Qu'est-ce que l'indépendance ?

Qu’est-ce que l’indépendance ?

Samedi 17 janvier 2026, par André Bellon

Indépendance est sans doute un des mots les plus employés dans les échanges politiques.

La question est de savoir de quoi on est indépendant.

Dans une déclaration intitulée " Pour une Déclaration d’indépendance de l’Union européenne", plus d’une soixantaine de personnalités et de représentants des mouvements fédéralistes européens, apportent leur soutien à une déclaration appelant à l’affirmation de la souveraineté de l’Union européenne face à la menace du régime de Vladimir Poutine en Russie et à l’hostilité des Etats-Unis de l’administration Trump.

Parmi les signataires, figurent Jacques Attali, Josep Borrell, Daniel Cohn-Bendit, Danuta Hübner, Enrico Letta, Dominique Méda, Guy Verhofstadt, Céline Spector, Hans-Gert Pöttering, Enrique Barón Crespo, Klaus Hänsch, Mercedes Bresso, Paolo Gentiloni, Gabriele Bischoff, Nicolas Schmit, Mélanie Vogel, Raphaël Glucksmann, Luca Visentini, Sandro Gozi,...

Cette tribune collective est à l’initiative de l’Union des fédéralistes européens. Ce n’est pas une surprise car la vision européenne de Jean Monnet a toujours eu pour objet de s’opposer à la souveraineté nationale et populaire.

Cette volonté d’indépendance veut se présenter en opposition aux Etats-Unis. Notons que cette idée, qui court depuis l’origine de la construction européenne, relève du mythe. L’Union européenne est née dans l’ensemble atlantique en accord avec les Etats-Unis et avec leur soutien constant. Cette relation transatlantique unit les pays membres si fortement que la Commission européenne s’est soumise avec leur accord au diktat commercial de Trump. Aujourd’hui, la volonté de Trump de trouver une paix avec la Russie semble déranger les habitudes. Mais est-ce par amour du droit international ? C’est peu probable car cet amour du droit international est à géométrie variable comme à Gaza. On peut plutôt raisonnablement se demander si la volonté de tant d’Etats-membres de l’Union européenne de perpétuer la guerre contre la Russie n’est pas une manière d’imposer un tout de vis supranational. La gestion de la crise Covid en avait donné un avant-goût. La poursuite de la guerre sert de moyen à un renforcement des prérogatives non contrôlées démocratiques des instances de l’Union.

Fondée sur une recherche de coopération entre nations européennes, l’UE devient un carcan normatif où l’État de droit n’est brandi que pour justifier l’extension sans limites d’un système autoritaire.

Il est temps de retrouver le sens des principes officiellement fondateurs, à savoir la paix et la démocratie contre ces évolutions guerrières et antidémocratiques.