Un « geste inamical »

jeudi 4 juillet 2013
par  Anne-Cécile Robert

Dans le langage feutré des diplomates, on qualifie ce genre d’affront de « geste inamical ». En refusant le survol du territoire français à l’avion du président bolivien Evo Morales, M. François Hollande a manqué au plus élémentaire respect dû à un chef d’État étranger démocratiquement élu. Ce réflexe, bêtement policier, met d’autant plus mal à l’aise qu’on n’imagine pas un seul instant qu’il se serait manifesté envers le représentant d’un pays membre du Conseil de sécurité des Nations unies (ou de tout autre puissance mondiale).

Le choix du président français est en outre particulièrement mal venu au moment où celui-ci prétend hausser le ton face aux États-Unis – ces derniers se permettant d’espionner leurs alliés comme de vulgaires contrebandiers. En effet, si l’avion de M. Morales a été retenu sur le Vieux Continent, c’est par ce qu’on suspectait d’y découvrir l’agent Snowden qui a révélé les écoutes illégales de Washington dans les bureaux de l’Union européenne et qui cherche un pays pouvant le préserver des foudres de M. Barack Obama.

Mais Paris préfère sans doute offenser la Bolivie plutôt que de donner un coup de pouce à celui qui mis au grand jour la duplicité des États-Unis envers ceux qu’ils affectent de qualifier d’alliés et d’amis.


Commentaires

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lundi 8 juillet 2013 à 07h44 - par  Darcjane

Si les Américains écoutent la Commission Européenne ce n’est peut être pas que pour renseigner leurs administrations et leurs entreprises c’est peut être aussi pour fournir de la matière aux scénaristes de leurs émissions satiriques, l’équivalent de nos Guignols de l’info....

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samedi 6 juillet 2013 à 19h02 - par  SAISI Louis

Louis SAISI Parlons des changements… Entre Cesare Battisti et Edward Snowden...

Hollande nous propose parfois un "changement de l’éthique de gauche" là où l’on ne l’attendrait pas…

Ainsi, dans le début des années 80, de nombreux membres des brigades rouges et d’autres activistes de différents pays trouvèrent refuge dans l’Hexagone pour bénéficier de la « doctrine Mitterrand » : la France accueille les terroristes qui renoncent à la violence.

Cesare BATTISTI faisait alors partie de ceux-là. Après s’être exilé au Mexique, en 1990, il s’était installé à Paris, où il devint gardien d’immeuble et auteur de romans policiers dans la Série Noire... L’Italie, outrée, avait demandé son extradition. Mais la France avait alors refusé, au moins dans un premier temps.

On connaît l’épilogue… Après de nombreux rebondissements, cette extradition sera finalement accordée en 2005 par Raffarin et confirmée le 18 mars 2005 par un arrêt du Conseil d‘Etat…

A côté, l’informaticien américain Edward SNOWDEN qui a des démêlés avec son pays pour avoir divulgué que les USA se livraient à un espionnage éhonté non seulement des ambassades européennes mais aussi des sujets européens hors Amérique, nous apparaitrait plutôt comme un ange de paix, humaniste et pacifiste, voire un héros international…

En tout cas, au moins comme quelqu’un digne de respect et considération et donc digne d’être protégé et accueilli sur notre sol au titre de l’asile politique…

Ainsi Hollande et le vibrionnant Valls (le "cerveau" du gouvernement, pour qui on ne va passe fâcher avec nos « amis américains »), ainsi que les pays membres de l’Union européenne, lui ont refusé cet asile… A croire que le combat de SNOWDEN n’a rien à voir avec la liberté, les droits de l’homme, les libertés privées dont se gargarise l’Union européenne… Et SNOWDEN devra peut-être, aux dernières nouvelles, chercher en Amérique latine un pays refuge accueillant…

Dont acte pour ce « changement »… qui ne fait pas honneur à notre pays, patrie des Droits de l’Homme et jadis terre d’asile et de liberté !

Louis SAISI

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vendredi 5 juillet 2013 à 16h29 - par  berthierch

Il n’est même pas évident que l’ordre de fermeture de l’espace aerien français a l’avion d’un chef d’etat soit presenté comme venant de la présidence. Il est présenté comme résultant de traités entre les USA et d’autres etats européens. Il ne fut meme pas recherché d’autres itineraires : ça fait "blocus continental".
Il eut toutefois été loisible à Hollande de laisser passer le chef d’un état ami sur le territoire duquel agissent plusieurs entreprises françaises.
La Bolivie - et d’autres pays - ne vont pas manquer de s’en rappeler à l’encontre de ces entreprises. les valets sont toujours plus punis que les maitres.
Si une constituante peut rappeler qu’un "peuple ne peut etre libre s’il en opprime un autre".Elle n’a pas que des questions internes à poser et resoudre. Elle a aussi à definir les relations a etablir avec les autres peuples et pouvoirs dans l’interet et au nom du peuple français.
Avec d’autres, la "voie de fait" inadmissible dont Morales et la Bolivie sont victimes sont des atteintes au peuple français et à sa dignité.

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jeudi 4 juillet 2013 à 19h47 - par  SIMON

Je suis effondré par l’image de l’Europe qui est en train d’être projeté de part le Monde : un vassal à peine respecté des Etats-Unis. Il faut comprendre que depuis bien longtemps (si tant est qu’ils l’aient jamais fait) les USA ne se battent pas pour la Démocratie mais pour imposer leur inculture, leur apparence de liberté, leurs lois vident de sens, au reste du Monde et dans leur seul intérêt.

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jeudi 4 juillet 2013 à 11h37 - par  atdufrene

merci de préciser ce point ; les "citoyens"français souhaiteraient sans doute émettre une protestation publique auprès de ce gouvernement à propos des "initiatives" qu’il prend envers les chefs d’état étrangers ou bien, là encore n’avons-nous rien à dire ? Ou rien que nous puissions-faire ?

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jeudi 4 juillet 2013 à 11h27 - par  rlrt

Il faudrait d’abord s’interroger sur ce que nos dirigeants actuels ou passés peuvent s’autoriser à refuser à la puissance impériale que sont les États-Unis dont l’action est double :

- une stratégie d’influence culturelle et politique mise en place dès l’après-deuxième guerre mondiale. Celle-ci se traduit notamment par la cooptation de futures élites ou de cadres à fort potentiel pour participer à des groupes ou associations "amicales", comme par exemple la French-American Foundation France et autre Trilatérale. La plupart de nos dirigeants actuels ou passés en ont fait ou en font partie. Et cela vaut non seulement pour la France, mais aussi pour l’Europe construite sous les auspices de cette même stratégie d’influence, ne serait-ce que par le lobbying généralisé qui s’y pratique ;

- une pratique de l’espionnage systématique, intimement liée aux personnels diplomatiques et consulaires dont on feint à présent de découvrir la réalité. La seule différence avec ce qui a pré-existé est la dimension atteinte grâce à la maîtrise de l’information, numérisée tout particulièrement. Ceux qui n’ont pas distingué dans le "Cloud" maîtrisé à 99 % par les USA cette volonté de tout contrôler des échanges d’information sur le Net sont de doux rêveurs ! L’hégémonie de Microsoft ou de Google, complétée par Facebook ou Tweeter en sont la même expression, mais à apparence marchande.

Où l’on retrouve l’ambivalence de films comme Star Wars, symboles de cette tyrannie qui progressivement étouffe toutes nos libertés corsetées dans un système d’apparence démocratique : l’Empire avec ses faces noire et lumineuse...

Logo de Samuël TOMEI
jeudi 4 juillet 2013 à 11h08 - par  Samuël TOMEI

Fort avec les faibles, faible avec les forts, sur le plan intérieur comme sur le plan international...

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45 rue d’Ulm 75005 Paris

Intervenants : Hubert Védrine, ancien ministre ; André Bellon président de l’Association pour une Constituante ; Yvan Lubraneski, maire des Molières ; Anne-Cécile Robert, professeur associé à Paris VIII ; Anne- Marie Le Pourhiet, vice présidente de l’association française de droit constitutionnel ; Natacha Polony, présidente du Comité Orwell.

Les débats, animés par Jean-Michel Quatrepoint, seront filmés et diffusés sur Polony.TV.

Le nombre de places étant limité merci de vous inscrire avant le 1er décembre sur

pouruneconstituante@yahoo.fr


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