Affaire Benalla : Vers la violence

dimanche 29 juillet 2018
par  Didier Brisebourg, Tribune libre

Nous aurions tort de sous-estimer l’affaire Benalla.

Nous aurions tort de ne pas y voir une méthode de gouvernement, qui certes existe depuis longtemps déjà, en particulier depuis les lois d’urgence de 2015, mais qu’Emmanuel Macron utilise régulièrement.

Cette méthode, disons-le tout net, n’hésite pas à recourir à la violence pour réprimer le mouvement social afin d’imposer à la majorité l’austérité avec son cortège de privatisations, de baisse des pensions, de réduction des dépense publiques ... tout en subventionnant les entreprises avec notre argent pour le CICE, le pacte de responsabilité ... bref pour imposer le "pur capitalisme" à une société française qui n’en veut pas mais dont c’est la raison d’être de Macron, très loin du christianisme du chanoine de Latran ou de Paul Ricœur.

Car Benalla est bel et bien un nervi, un homme de main de l’ombre, choisi par Emmanuel Macron pour le servir dans une espèce de cabinet privé de sécurité, et qu’il rétribue grassement ( logement de fonction princier, lieutenant-colonel à 26 ans, 10 000 euros par mois semble-t-il, voiture avec chauffeur, port d’arme et j’en passe ).
Je m’étais toujours demandé pourquoi Macron avait choisi un véhicule blindé pour sa descente des Champs Elysées lors de son intronisation au poste de président de la République.

Je crois dorénavant avoir la réponse : Emmanuel Macron aime la violence, il aime imposer, il aime ordonner, il aime qu’on lui obéisse, c’est un aspect de sa psychologie qui ressort aussi quand il gueule dans les meetings, quand il use et abuse des ordonnances, quand il vire le général De Villiers qui avait eu le tort de contester sa politique devant la représentation nationale, excusez du peu. Cela illustre bien, notons le au passage, le mépris de Macron pour le Parlement, mépris que sa majorité LREM ( mais pas que ) semble d’ailleurs bien mérité tant elle est soumise au prince.

Donc, Benalla s’est rendu place de la Contrescarpe pour faire le coup de poing contre de jeunes manifestants réunis en ce jour de fête du travail.

Il est difficile de ne pas se rappeler l’origine du 1er mai, ces journées entre le 1er et le 4 mai 1886 à Chicago, où la police a tiré dans le tas des ouvriers en grève qui manifestaient pour la journée de huit heures. Il n’est pas possible de ne pas faire le lien avec le rôle joué, semble-t-il, par l’agence privée Pinkerton dont les agents ont mitraillé des grévistes en 1892 à Homestead, agents présents à Chicago, auxiliaires occultes de la police.

Bien sûr, entre l’affaire Benalla et l’utilisation des hommes de main de Chicago, il y a un monde. Mais s’il y a un fossé qu’il serait imprudent de franchir, il y a bel et bien une logique : l’affaire Benalla s’inscrit dans un ensemble de "bavures" policières, elle révèle des pratiques de copinage entre la sécurité privée du président et la police, l’homme de main jouissant d’un "statut élyséen" d’après les propos d’un policier entendu à la radio.

Cet usage de la violence élyséenne, trait psychique de son chef, se déploie d’autant mieux que le président de la république jouit d’une impunité tout à fait intolérable ; il est totalement irresponsable ( et là, on se délecte de la multiplicité du sens de ce mot ), il bénéficie d’un statut exorbitant, proprement odieux dans une démocratie.
Cette affaire révèle autre chose : le capitalisme, pour s’imposer, n’hésite pas à recourir à la violence, même dans nos soi-disant démocraties. Rappelons nous le rôle de l’économiste Milton Friedman auprès d’Augusto Pinochet au Chili. Ceux qui croient que capitalisme et démocratie fonctionnent ensemble se trompent lourdement. Quand le mensonge ne suffit plus, cette violence est l’ultime recours que ses promoteurs n’hésiteront pas à emprunter.

Si nous ne voulons pas de cet avenir-là, il faut en casser la raison et l’outil : rompre avec le capitalisme et rompre avec l’irresponsabilité des dirigeants. Et vite ...


Commentaires

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mercredi 8 août 2018 à 11h25 - par  Robert Hadjadj

Donc pour Didier Brisebourg la solution se trouve dans la mise hors la loi du capitalisme. Quel genre de Constituante pourrait proposer au peuple Français divers d’inscrire une telle loi Constitutionnelle ?

La Chine dirigée par le Parti Communiste, à construit sa puissance sur le capitalisme. Tout dépend de qui tient les cordons de la bourse.

Ce n’est pas avec ce genre de théorie que la souveraineté du peuple usurpée par le président Macron détenant entre ses seule mains les trois pouvoirs sans lesquels n’étant séparés, la France n’a plus de Constitution, sera restituée au peuple souverain.

Robert Hadjadj Cercle de Montpellier.

URL :Robert max Hadjadj

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vendredi 3 août 2018 à 20h52 - par  troy1

On serait dans la bd "Tif et Tondu" ( Will, Rosy ) , ce serait " T & T" contre la Main Blanche" ou " Le retour de Choc" !... Du temps de cette sinistre potiche de De Gaulle, son officine de "sécurité" ( ou "police parallèle" ), le Service d’Action Civique, le SAC commettait au moins une exaction par jour !... La Presse était déjà muselée , mais quelques journalistes un peu délurés ont publié ( en Belgique, en Suisse ...) quelques-uns de leurs exploits : chantages, cambriolages, braquages de banques, attaques de fourgons blindés, détournements de fonds et d’héritages, trafics en tous genres etc,etc...

Les faits divers ne chômaient pas à l’époque !... ’L’épopée’ s’est terminée à Bordeaux, en 71, entre SAC "clan Giscard d’Estaing" et "clan Chaban Delmas" , avec usage de gros calibres, et davantage de munitions qu’à "OK Corral" !... Finalement, en 81 et après les attentats des "commandos de France", ces fascistes ont enfin été mis hors d’état de nuire ( pour un temps ) après le massacre d’Auriol !...

Macron essaye de reconstruire son Service Personnel de Sécurité !... Je l’avais qualifié depuis des mois de Daladier II, digne du traître de Munich ( à la France et au Front Populaire ), qui dès son retour s’attaqua à la Classe Ouvrière et à ses représentants socialistes et communistes, contraignant de nombreux militants à retourner dans la clandestinité !... Ecœuré , le peuple resta amorphe au sortir de "la drôle de guerre" et ne put réitérer le sursaut de la "guerre républicaine" de 1870 !...

Ce Benalla n’est qu’un bandit , un "lumpen" comme disaient Marx & Engels : "guenilloux" ou prolo en guenilles ( lumpen proletariat ) , personnage sans scrupules , probable descendant de harki, autrement dit pirate ou gangster !.... Son patron s’est permis de renouer avec la tradition esclavagiste, , lorsque des Daladier osaient nier le droit des Travailleurs à se ménager des périodes de repos !...Daladier traduisit ce droit légitime en "semaine des quatre jeudis " !... Deux ans plus tard, le peuple préféra attendre l’avènement d’une nouvelle république avant de se prononcer sur un avenir possible ....

Macron n’est qu’un pauvre type : il a besoin d’alliés et tous lui explosent dans les pattes !.... Il ne dispose ni des troupes du RPF ( 1947 ) , comme le rappelle Jean Bruce dans son roman "Tous des patates" , creuset de sa série culte "OSS 117" !...La 5° République a définitivement échoué : fondée sous le chantage du pillage de Paris par les parachutistes, sa chute sera conforme aux convulsions qui se sont produites depuis !...

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